Émilie Buchwalder - saxophone alto

À quel âge as-tu commencé la musique ? Quel était ton premier instrument et pourquoi l’as-tu choisi ?

J’ai commencé la pratique musicale à l’âge de 7 ans, à l’école de musique d’Hérimoncourt dans le Doubs (25).

J’ai choisi le saxophone car un de mes amis d’enfance, du même âge que moi en jouait aussi. J’ai été fascinée par cet instrument avec son côté flamboyant et ce son chaud, si caractéristique et que se rapproche de la voix humaine.

Nous étions au catéchisme lui et moi, et souvent pour les célébrations eucuméniques des enfants, il y avait beaucoup de jeunes musiciens qui présentaient des petites pièces pour agrémenter la messe.

C’est comme ça que j’ai entendu et écouté la première fois du saxophone alto.

 

Que fais-tu dans la vie ? Quelles sont tes passions en dehors de la musique ?

Je suis chargée d’études dans les travaux publics.

J’adore peindre et jardiner.

Prendre l’apéro aussi, pour m’entrainer à la troisième mi-temps post répétition.

 

Quel est ton style de musique préférée ? Quels artistes écoutes-tu le plus ?

J’aime tout ce qui est vieux et qui n’est plus à la mode.

Avec l’âge et la paix intérieure qui s’installe (depuis que je suis devenue une vieille bique réactionnaire en quelque sorte…)  j’ai délaissé le métal ultra-violent pour me noyer avec délice avec Billie Holiday et Janis Joplin.

Mais je ne boude pas de longues sessions d’écoute avec les Beatles, les Kinks, et Melody Gardot.

 

Depuis combien de temps fais-tu partie de l’Harmonie Colmarienne ? Quel est ton meilleur souvenir avec l’ensemble ?

A.U.C.U.N.E idée.

Assez longtemps pour avoir une chaise préférée en tout cas et pour râler sur la couleur des pochettes de partitions.

Chaque concert est un souvenir chaleureux de partage et d’émotion, il serait difficile de choisir un moment en particulier.

J’adore quand même les dimanches des weekends de répétions : nous sommes tous rincés d’avoir bossés comme des fous, et c’est en général à ce jour précis que le filage des morceaux devient lisible et agréable pour tous.

Chaque musicien commence à être à l’aise malgré la fatigue, et les couleurs de la musique peuvent émerger alors au sein de chaque pupitre.

Dans votre rapport avec l’association, qu’est-ce qui vous manque le plus depuis l’arrêt des répétitions liés à la crise sanitaire ?

Tout.

 

La galère des traits compliqués, la douceur de passages faciles et lyriques, les pièces que personnes n’aime mais qu’on joue quand même, les fausses notes, les arythmies, les gens qui tapent la pulsation du pied, les petites blagues dans le pupitre, quand le chef râle parce qu’il nous a entendu, quand le chef parle trop doucement et qu’on ne comprend rien, les dièses et les bémols en plus ou en moins, quand il faut marquer une info au crayon et qu’on a pas de crayon, quand on essaye de demander discrètement « qui » a un crayon, quand la pression monte pour peaufiner un morceau, quand les pièces s’enchainent et que la richesse de chaque pupitre se déploie…

Quand on boit un coup après, que chacun discute de tout et rien puis en rigole ou en pleure.

Quand on oublie avec les collègues musiciens que les semaines sont dures, et que tous ensemble on crée un immatériel à partager.

Il y a chacun de nous dans cette musique que l’on donne, que l’on échange : elle réussit à réunir des personnes qui sans doute en dehors de l’orchestre, ne se seraient jamais rencontrées ou parlées.